Rémy Hysbergue


Communiqué de presse


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 Galerie Richard, Paris, présente une exposition personnelle de Rémy Hysbergue intitulée « Velours », nouvelle série d’acrylique de peintures acrylique sur velours de soie,  du 6 mars au 18 avril 2021. Ecrivant à partir d’images de peintures vues sur écran d’ordinateur, je réclame l’indulgence du lecteur. La peinture de Rémy Hysbergue en particulier exige d’être vue physiquement avec sa taille et ses matières.

 

Au premier abord on peut se demander quel est le rapport entre la peinture sur polyméthacrylate de méthyle, autrement dit un miroir en plastique, présentée à la galerie sur l’exposition « Les Braves » en 2012 et ses nouvelles peintures sur velours de soie. Dans les deux cas il s’agit d’ouvrir un nouvel espace perceptif.  Avec le miroir, c’est l’espace physique devant la peinture qui pénètre visuellement en profondeur l’espace peint; avec le velours c’est  un espace coloré dense absorbant, de même que dans les plus belles peintures de Rothko. Au delà de la maîtrise technique, c’est la création d’un nombre limité d’espaces superposés (souvent trois, le nombre de planètes à partir duquel les théories du chaos découvertes par Raymond Poincaré s’appliquent), qui caractérise le plus surement ses œuvres.

 

Matière, lumière, espace sont les termes qui reviennent le plus souvent dans les écrits sur les œuvres de ce peintre. On commence souvent par parler de matière car elle est la dernière couche, la plus évidente à s’imposer au regard, alors qu’il faudrait sans doute finir par elle. Espace en soi, elle crée par cache les espaces du dessous. Il lui arrive plutôt rarement de devenir l’espace principal, en particulier dans A40020. Elle s’y présente comme une peau, qui joue avec notre regard pour percevoir ce qui est caché, visible dans les interstices, les plis, les déchirures. Un érotisme inversé. Sur le fond clair légèrement dégradé pour définir un espace tridimensionnel, les courbes noires qui recouvrent elles mêmes une autre couleur (ce qui les détache du fond), définissent par leur courbure un espace courbe qui peut inciter à y associer la première couche.

Ce n’est qu’en agrandissant fortement un détail de trace blanche du tableau que j’ai  réalisé mon erreur. Ma soi-disant peau, le premier espace ou couche est en réalité le dernier, le velours de soie. Les traces noires d’un large coup de pinceau sur le velours sont bluffantes.

 

Dans plusieurs œuvres Rémy Hysbergue reproduit une perspective de grand angle par la répétition de mêmes touches successives qui s’agrandissent ou se rapetissent selon l’effet de perspective désiré. Dans les peintures sombres on penser a des effets de vagues éclairées par la lune et le flash pour le premier plan dans la mer la nuit. En partiiculier pour l’œuvre A38220. Dans A36420, il y a presque une ligne d’horizon dans la noirceur du tableau en son centre, arrêtée par un espace vertical énigmatique. Il y a peut–être un effet ligne d’horizon à –mi hauteur également dans la peinture  A39620, œuvre magnifique, riche en perspectives diverses et désorientantes.

 

Une relative difficulté en ne voyant que des images de même taille sur écran est dans la perception de la taille des peintures. Trompé par le format plus large et par l’ampleur de l’espace central rouge, je pensais l’œuvre A40920 plus grande.  On conçoit facilement que certaines œuvres plus ‘calligraphiques’, composées de très peu de coups de pinceaux  soient plus petites, mais elles se révèlent être de toutes tailles. Rémy Hysbergue ne se laisse pas enfermer dans un quelconque système. Aussi à l’aise dans une peinture all over comme A39720 que dans une peinture aussi sobre que A39320, ses peintures raffinées atteignent une maturité et pour cela elles expriment et font partager son vrai plaisir de maîtrise des possibilités d’expression de son médium.

                                                                                                                                                                                                                                                                                   JLR  1er mars 2021