Communiqué de presse



  

Exposition collective                 Oeuvres sur papier                                        du 23 mars au 27 avril 2019

 

Galerie Richard présente l’exposition « Œuvres sur papier » qui réunit des artistes de la galerie et des artistes invités, soit sept artistes : Michel Déjean, Souad El Maysour, Carl Fudge, Catherine Gangloff, Lauren Marsolier, David Ryan, Soobin So, du 23 mars au 27 avril 2019. L’exposition met en avant la diversité des pratiques et des univers visuels des œuvres d’art sur papier.

 

La pratique artistique de Michel Déjean s’articule autour de grandes peintures et de petites pièces sur différents supports. Les oeuvres sur papier réalisées exclusivement pour cette exposition sont en résonance entre elles. Le travail post-minimaliste de l’artiste s’articule sur la répétition et la mise à jour de subtiles variations. Le cercle marque ici une vie singulière, mobilisé sans relâche en tant qu’unique caractère.

 

La démarche de Souad El Maysour est de nature politique: elle s’intéresse à des femmes représentées sur des cartes postales de l’époque coloniale. Les images de ces femmes  presentent une marchandisation du corps exotisé. Elle garde les coiffes qui ethnicisent ces femmes mais supprime les mises en scène voyeuristes. L’artiste cherche à restituer le seul regard de ces femmes.  Les sérigraphies sont conservées au henné sur papier et  dans des caissons lumineux. Ses images apparaissent à la fois fragiles, belles et et procurent des sentiments profonds liés aux histoires de ces femmes.

 

Carl Fudge travaille à partir d’images figuratives, le plus souvent des œuvres d’art. Il les décomposent et les restructurent en un nouvel assemblage entre figuration et abstraction. La série présentée fait référence à la région du West Midlands en Angleterre. Pendant la révolution industrielle cette région a subi les plus profonds bouleversements. Les mines de charbon, les aciéries, les fonderies, ont laissé leurs traces noires sur le paysage. L'artiste Edward Wadsworth, membre fondateur du mouvement vorticiste, a fait des crassiers et des forges le sujet d'une série de gravures sur bois. Ce qui est fascinant est cette capacité qu'a Fudge de sauvegarder l'influence des gravures de Wadsworth alors même qu'il les déconstruit avec des procédés numériques. Carl Fudge juxtapose la révolution numérique sur la révolution industrielle.

 

Les créations artistiques de Catherine Gangloffs’offrent comme des oeuvres composées, dans la pratique de l’assemblage et du collage. C’est par des rencontres, des superpositions, ou des écarts de morceaux choisis, que se construisent les oeuvres. Les dialogues entre formes et espaces invitent le regard à se poser sur les reliefs, les contours, les vides et parfois même sur les ombres. Ces oeuvres laissent ouverts tous les possibles, les fragments s’assumant dans leur fragilité. Intimistes, uniques, elles sont essentiellement la marque d’un esprit créatif, libre et aventureux.

 

Les images de Lauren Marsolier traversent plusieurs étapes et versions avant de trouver leur forme définitive. Elle explore ce qui est ressenti plutôt que ce qui est immédiatement visible. Une combinaison subtile de différentes perspectives, sources de lumière, et distances, est utilisée pour produire de la désorientation chez le regardeur. Les paysages sont ambivalents, familiers et pourtant non identifiables. Son travail sonde notre relation à un monde globalisé, marqué par la perte de certitudes et une impression générale de déracinement.

 

Pour la première fois David Ryan présente des œuvres sur papier. Il crée des formes et des superpositions de peinture en l’étirant avec une raclette en couches légères et parfois transparentes. Il rajoute sur les noirs de paillettes de fibres qui donnent une impression de velours.  C’est à partir de ces peintures sur papier qu’il conçoit et découpe ses panneaux fins en PVC qu’il ajoute en un plus grand nombre de couches supersposées. Les couches minces de PVC aplatissent le bas-relief en le rapprochant d’un tableau.

 

Soonbin So s’intéresse à la déformation des plantes. Les plantes manipulées que l’artiste crée deviennent de plus en plus véridiques grâce à d’innombrables références. Son travail constant touche à la conception et l’expression de vies imaginaires. Elle peut symboliser les cycles des écosystèmes qui se répètent continuellement dans l’histoire de l’humanité ou à travers nos gènes. Elle peut aussi annoncer ou anticiper les manipulations génétiques en biologie en les portant à un autre niveau d’imaginaire.