Communiqué de presse



Jean-Luc et Takako Richard présentent la première exposition personnelle en France du peintre américain Dennis Hollingsworth intitulée « Wellspring » (Retour aux Sources) du samedi 5 octobre au 13 novembre 2019.  L’exposition regroupe deux sections, une section rétrospective et ses nouvelles peintures monochromes.

 

On peut suivre le parcours de l’artiste sur cinquante ans avec des peintures de différentes périodes qui racontent l’histoire en arrière-plan de son œuvre comme une introduction générale de son art au public parisien. Il a atteint une reconnaissance internationale dans les années 90 par l’ajout de formes sculpturales à la peinture à l’huile sur des toiles brutes, déclaration de vitalité de la peinture confrontée à une longue période pendant laquelle l’intelligentsia dominante prétendait que la peinture était morte. Depuis plus de vingt ans il a cherché à enrichir, élargir, la peinture avec des implants de peinture. Dans la limite de la tension de ce qu’une toile peut supporter comme matière, il a inventé un lexique de formes qui sont autant d’estampilles comprenant des boules épineuses, des enfoncements, des jets de peinture, des empreintes, des effets peau d’orange, images de nature, textes et images d’écrans brisés. Le célèbre architecte de Philadelphie Louis Kahn a demandé fameusement à une brique ce qu’elle voulait être. Rhétoriquement il donnait à la nature des matériaux une voix d’expression. Hollingsworth a posé une question identique à la matière peinture. La réponse réside entre les limitations et les infinités du médium.

 

Wellspring, comme titre de l’exposition fait référence à ses peintures récentes. Elles commémorent l’anniversaire d’un moment séminal de son début de l’adolescence où il a compris que la peinture était son destin quand il fut fasciné devant « Saturne dévorant un de ses fils » de Goya au Musée Prado à Madrid. Son voyage de cinquante ans dans le passé se présente sous la forme d’une sélection des peintures qui forment la trame de son œuvre.

 

« C’était en 1969, j’avais 13 ans…Mais ce fut un moment spécifique de mon expérience au Prado, après la séquence des galeries de Bosch, Dürer, Velasquez, Ribera…que je suis arrivé à Goya: ses cartons pour tapisseries, ses peintures de cour, et ensuite ses Peintures Noires. Je me tenais debout devant le célèbre Saturne. J’ai l’impression qu’il n’était pas aussi célèbre alors qu’il est maintenant. C’est mon impression mais je peux avoir tort. Debout devant « Saturne… » et le monde de la peinture de Goya s’est immiscé dans mes yeux et mon esprit. Autour de moi tout disparut et les seules choses qui existaient pour moi pendant ce long moment intense étaient cette peinture et moi. Je ne sais pas combien de temps cela a duré. Cela aurait pu être pour toujours, ou cela n’aurait pu être qu’une minute, ou cela aurait pu être les deux. Et comme le monde ordinaire revenait à mes sens, une résolution grandissait en moi pour devenir un artiste, pour devenir un peintre, pour retourner et rester dans ce royaume si saturé de peinture et de barattage avec cette impulsion urgente vers les arts. C’est le sujet des peintures 572 à 576 et 578 à 582. »

 

          Le fait d’exprimer des expressions figuratives sous la forme de peintures monochromes est

symptomatique de l’art de Dennis Hollingsworth. Depuis la peinture célèbre de Kasimir Malevitch 

« Carré blanc sur fond blanc », les peintures monochromes ont été associées à l’art abstrait

Alors qu’ici il y a une référence figurative liée aux peintures de Goya. Même le mot monochrome est problématique dans son cas puisqu’il laisse volontairement des bordures du chassis vierges. Dennis Hollingsworth évite de se laisser enfermer dans des classifications définitives afin de continuer à exercer son processus créatif librement et de garder la possibilité de se laisser surprendre par elle.

 

La diversité de sa pratique picturale reflète la diversité de ses expériences. Né à Madrid, il a passé son enfance dans onze pays tels que les Phlippines, Panama et aux Etats-Unis, Las Vegas. Il a été dans la Marine dans l’Océan Pacifique et l’Océan Indien; Il est toujours un architecte, ayant passé son diplôme, il est aussi diplômé en arts de l’Université Claremont pour les Arts en Californie.

Ses œuvres sont dans les collections permanentes du MOCA Los Angelès, du Musée Nerman d’art contemporain, Overland Park, Kansas, du Musée Akron en Ohio, de la collection Akzo Nobel à Amsterdam, Pays-Bas, de la collection Riera Roura en Espagne.