Communiqué de presse



 Orlando et la Tempête est une série de nouvelles peintures de vie artificielle modélisées par un virus informatique par Joseph Nechvatal qui abordent indirectement les questions de la fluidité de genre au moment où nous traversons une tempête virale, sociale et politique. L’artiste imagine des scènes mythiques inexistantes du roman de 1928 Orlando de Virginia Woolf (l’histoire d’un jeune poète aristocratique qui se transforme en femme du jour au lendemain et vit pendant 300 ans).

Les tempêtes n’ont pas de sexe et soufflent avec une grande fluidité. Dans Orlando et la Tempête, l’avatar ambigu d’Orlando de l’artiste se meut dans de tels environnements chaotiques et bruyants que les relations normales figure/sol se confondent plus ou moins, jouant de manière évasive avec ce qui est vu, ce qui est suggéré, ce qui est réprimé et ce qui est désiré. 

Bien que les questions virales et la fluidité de genre soient culturellement et politiquement d’actualité, ces sujets ne sont en rien nouveaux pour Nechvatal. En 2000, il expose des œuvres d’art du Computer Virus Project II explorant la complexité hermaphrodite virtuelle dans son exposition ‘ec-Satyricon 2000’ et dans son exposition de 2002 ‘vOluptuary: an algorithic hermaphornologv‘. Il a continué depuis à utiliser des formes virales et androgynes dans son travail. En 2018 il a écrit un article sur la théorie de l’art pan sexuel intitulé ‘Before and Beyond the Bachelor Machine’ qui a été publié dans Arts.

A l’exception de peintures de taille moyenne, les autres œuvres mesurent 30 x 30 cm présentées en œuvres uniques, diptyques et triptyques. En comparaison avec ses grandes peintures, les œuvres de la nouvelle série ont une plus grande définition avec un plus grand contraste, des couleurs plus saturées et une plus grande luminosité. Elles transmettent la luminosité d’écrans numériques et rappellent des vitraux d’église. Ses nouvelles œuvres réconcilient complètement l’Art Conceptuel avec l’Esthétisme.

 

Joseph Nechvatal a commencé à exposer ses œuvres en galeries à New York en 1982 et a été reconnu rapidement pour ses dessins.  Nombre d’entre eux sont entrés dans la fameuse collection de Dorothy et Herbert Vogel à New York. Nechvatal travaillait avec des images électroniques et des technologies numériques depuis 1986. En 1987 il a exposé ses peintures assistées par ordinateur-robotique à Documenta 8 à Cassel. En manipulant ses dessins et photographies avec ses logiciels en 1986, Nechvatal s’est fait reconnaître  comme un pionnier dans l’histoire de l’art numérique. Dès 1991 Nechvatal infectait ses peintures avec des virus informatiques pour la première fois dans l’histoire de l’art. L’exposition à Galerie Richard, Computer Virus Project 1.0 œuvre de 1992-93 qui traitait de la propagation du virus du sida se plaçait en conjonction avec la préoccupation grandissante envers les virus informatiques. Ces peintures infectées par virus ont été conçues sous l’égide du FRAC Franche-Comté au Centre International de Réflexion sur l’Avenir de la Fondation Claude-Nicolas Ledoux à La Saline Royale d’Arc-et-Senans pendant la résidence d’artiste de Nechvatal à l’Atelier Louis Pasteur à Arbois (1991-1993). En 2001 Nechvatal a collaboré avec le programmeur Stéphane Sikora sur un projet prolongé pour créer un virus numérique suivant les principes de vie artificielle qui reproduit les caractéristiques comportementales d’organismes viraux. Dans son exposition à Galerie Richard intitulée « nOise anusmOs », ce virus a tricoté des filaments de matériel visuel et les a assemblés graduellement à des images qui ont été peintes par robot sur du velours noir. En 1992 Joseph Nechvatal a participé à l’exposition L’Epreuve Numérique au Centre National de la Photographie, Paris. Depuis 2008, il expose régulièrement à Galerie Richard Paris et depuis 2011 à Galerie Richard New York. Les œuvres de Joseph Nechvatal sont présentées dans la collection du MoMA, New York, du Museum of Contemporary Art, Los Angeles, du Jewish Museum, New York, du Malmö Kunsthall, Suède, de l’Israel Museum, Jérusalem, du Musée de Dôle, et du Los Angeles County Museum of Art.